Ca, c’est la guerre

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Ceci est une traduction de l’histoire italienne Questa è la guerra, raconté par Giovanna C., 71 ans

En avril 1944, j’étais en première primaire. J’habitais avec mes parents et grands-parents à Villanova, faubourg d’une commune limitrophe de Bologne. Aujourd’hui, nous sommes à la périphérie de la ville, mais à cette époque le village était un petit bourg de quelques dizaines de maisons, et la ville nous semblait loin.
C’était la guerre, mais nous étions plutôt tranquilles. Notre papa n’avait pas été appelé parce qu’il travaillait dans une usine d’explosifs, et le grand-père était maçon. Bologne avait déjà été lourdement bombardée et qui le pouvait s’était réfugié à la campagne. Nous aussi, nous accueillions deux familles d’ “évacués”, comme s’appelaient les citadins qui fuyaient la ville.

Pour autant que j’y pense, je n’arrive pas à me rappeler comment on pouvait vivre à autant dans cette petite maison, il y avait trois familles, et en tout treize personnes. Le 7 avril de cette année, c’était le vendredi saint. Je m’en souviens comme d’une journée lumineuse, moi qui jouait dans la cour, et ma mère qui repasse. Ensuite, on a commencé à entendre le bruit reconnaissable entre tous des bombardiers. C’est un potin terrible, reconnaissable entre tous, qui remplit le ciel. Nous étions tous dans la cour à regarder en l’air, et quand nous avons compris qu’ils venaient dans notre direction, nous nous sommes mis à l’abri dans la maison. Le grand-père, qui avait construit la maison, recommandait d’aller, en cas de danger, dans la cave, où le plafond avec des barres de fer était plus solide. Le bruit des avions toujours plus fort, et puis un sifflement aigu. Je ne me souviens de rien d’autre, peut-être l’impact de la bombe, qui est arrivé en plein sur la maison m’a fait perdre conscience pendant quelques instants. Je me souviens que je me suis retrouvée emprisonnée dans les décombres, sans pouvoir bouger, avec la bouche pleine de sable. On entendait les impacts des bombes, je ne sais pas combien de temps nous sommes restés ainsi.
Ensuite, sont arrivés les secours, les voisins, les pompiers, le grand-père que quelqu’un avait prévenu. Finalement, j’ai revu la lumière, je me souviens nettement de la dureté sur ma joue de l’uniforme du pompier qui me portait dans les bras. Moi et ma maman, avons été amenées à l’hôpital, moi je n’avais pas même une égratignure. Après, j’ai appris ce qui était arrivé aux autres, cinq était morts : ma grand-mère, une dame évacué et son bébé de neuf mois, une autre evacuée et sa fille de 18 ans.
Questa è la guerra.
Giovanna C. (71 anni, Italia)

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